Permaculture à Ampimpa

J’ai effectué un volontariat à Ampimpa (Tucuman) durant tout le mois d’octobre chez Fernanda, Jose et leurs deux jeunes enfants, une famille très charmante. J’y ai appris énormément sur la région mais aussi sur la confection de savon, céramique et ils m’ont même apporté une nouvelle vision sur la bio construction.

 

Le village d’Ampimpa

Ampimpa est un village à 2500m d’altitude dans la province de Tucuman, dans le nord-ouest du pays. Le village s’étend sur plusieurs kilomètres tout au long d’une route qui serpente en altitude.

Ampimpa est situé à 5km au nord d’Amaicha del Valle et fait par conséquence partie de la communauté indigène. Il est donc soumis à la même double législation qui régit la communauté (pour en savoir plus sur la communauté indigène et les vallées Chalchaquís, lisez cet article). La communauté est celle des Ampimpenniens, autre communauté appartenant au même groupe ethnique que celle d’Amaicha del Valle ou de Quilmes.

Quand on cherche « Ampimpa » dans google, la première (et quasiment unique) réponse est en lien avec l’observatoire astronomique. Je n’y suis pas allée, mais c’est la seule attraction touristique du village, d’où il est possible de passer la nuit afin d’admirer les étoiles. A plus de 2000 mètres d’altitudes, cela doit en effet valoir la peine.

Ampimpa est approvisionné en eau potable par les sources des montagnes alentour. Cependant, comme il n’est pas le seul village et qu’il n’y a pas énormément d’eau dans la région, l’eau courante est coupée entre 11h et 15h tous les jours, toute l’année, afin que les autres localités en contrebas puissent remplir leurs citernes durant ce laps de temps. Cela crée un emploi, car une famille se dédit uniquement à couper et ouvrir l’eau tous les jours. Pratiquement tous les habitants d’Ampimpa possèdent une citerne, donc les coupures n’entravent pas vraiment la consommation. Mes hôtes en avaient une également, mais le monsieur qui devait passer la fixer sur le toit n’a jamais décidé de passer, donc tous les jours nous devions remplir une armée de bouteilles en plastique pour pouvoir cuisiner et boire. Un peu bizarre au début, cela est rapidement devenu une habitude quotidienne.

Autre point à noter sur Ampimpa : une multitude d’ânes se promenant en liberté. Ils n’appartiennent à personne et à tout le monde, car se situant sur le domaine de la communauté.

J’ai également été surprise de voir des perroquets verts qui font beaucoup de bruit, surtout en fin de journée.

Il était une fois une maison en pisé

La maison en pisé

La maison de Fernanda et Jose est située à l’extrémité du village quasiment à la sortie. La vue sur les montagnes et la vallée est y imprenable.

La maison, entièrement construite en pisé est en grande partie sur un même niveau mais possède aussi un petit étage. Elle se fond vraiment dans le paysage, ce qui est agréable. A l’arrière de la maison se situe le jardin, qui sans être immense est assez grand.

J’ai bien aimé leur jardin assez garni, où tout pousse un peu dans tous les sens.

Le potager

Au milieu de toutes ces plantes, ils ont aménagé un petit potager. Apparemment certaines années sont plus productives que d’autres, mais dans tous les cas dans la région et avec ce climat semi aride de haute montagne, peu de chose pousse. En octobre (donc au printemps), certaines années il peut grêler énormément et donc ruiner toutes les plantations de l’année.

Certaines années ils ont eu énormément de tomates et d’autres pas du tout. Quand j’y étais on a transplanté des pousses de tomates qui avaient germé dans des pots.

  

Sinon ils font pousser des plantes aromatiques, comme du romarin, du basilic, etc et également des carottes, oignons, et petits poireaux. Tout ces légumes ne suffisent malheureusement pas à la consommation, car la production est trop basse et incertaine.

L’Etat distribue gratuitement des graines aux citoyens argentins, pour donner la possibilité à chacun d’avoir son propre potager. Le sachet contient des graines en tout genre : plantes aromatiques, tomate, laitue, courge, maïs, etc. Nous en avons planté quelques unes provenant de ce sachet.

 

Le système d’eau

Compte tenu des problèmes d’eau et pour des raisons écologiques, les eaux usées de la maison vont directement dans le jardin pour arroser les plantes – ce qui n’est évidemment pas le cas de l’eau venant des toilettes. Ce climat très sec avec peu de précipitations est un gros problème pour irriguer les plantations et avoir beaucoup de fruits et légumes.

Construction d’une maison en pisé 

Quand tout a commencé

Fernanda et Jose ont initié la construction de leur foyer il y a cinq ans. A l’époque ils vivaient aux Zazos, un autre village à 40 min à pieds d’Ampimpa et faisaient l’aller-retour tous les jours. Puis ils ont déménagé dans une maison juste à côté pour finalement emménager dans leur maison il y a trois ans. Ils ont donc mis deux ans pour construire une maison habitable, qu’ils ont réalisé seuls et avec peu de moyens. Il faut préciser qu’au moment de la construction ils avaient tout anticiper. Par exemple, les tuyaux, les câbles électriques et même l’emplacement des toilettes étaient déjà là avant l’édification des murs.

Je tiens à rassurer les plus septiques : cette maison est très solide et même antisismique ! Ils m’ont assuré n’avoir jamais senti de secousse, alors que ce fut le cas dans leurs précédentes maisons dans la région – il n’y a pas de gros tremblements de terre dans la région, mais apparemment, des petites secousses peuvent être ressenties.

Cette histoire est très impressionnante et j’ai énormément de respect pour ce couple autodidacte.

Le processus de construction

Durant mon séjour dans la petite famille, j’ai également participé à la construction de la maison. Quand je suis arrivée, ils avaient commencé les murs d’une pièce devant la cuisine, qui devrait servir de salon une fois terminée.

« Pour construire il faut surtout du bon sens », m’ont dit-ils le premier jour où j’ai mis la main à la pâte. Evidemment il faut certaines notions de bases, mais c’est vrai qu’une fois les mains dans la boue et la paille on sens assez rapidement la consistance qu’on doit obtenir.

Ici, pas de machines et d’outils très sophistiqués, uniquement une brouette, des planches de bois et des clous pour soutenir le mur le temps qu’il sèche et des pack de lait vides pour laisser l’espace d’une petite étagère intégrée dans le mur.

 

 

Comme au cours des mes précédentes expériences de bio construction, nous avons mélangé la terre à de l’eau, mais cette fois pas ni paille ni sable ! Nous avons utilisé ce qui était à notre disposition dans le jardin, à savoir, de l’herbe assez sèche, des feuilles et des branches.

Afin de laisser rentrer plus de lumière mais également pour une question esthétique, nous avons disposé des bouteilles à certains endroits pour créer un cercle de bouteille.

La cuisine et le premier étage possèdent déjà un mur de bouteille, ce qui donne un très bel effet.

 

Ils avaient une collection de bouteilles de vin et de bière vides assez impressionnante. Nous les avons lavées, découpées puis collées entre elles.

 

 

A la veille de mon départ, le mur avait pris pas mal de hauteur. Quelques jours plus tard, deux autres volontaires sont arrivés et ont pris la relève. Voici les photos qu’ils m’ont envoyées :

Les activités de la terre 

Fernanda et Jose vivent principalement, de ce que l’on pourrait nommer « activités de la terre ». Entre autre, Fernanda tisse la laine et fabrique des savons qu’elle vend. Jose de son côté est luthier et charpentier. En outre, ils vivent de la rente de leurs animaux.

La laine : tissage et teintures naturelles

Une des activités de Fernanda est de tisser la laine (achetée au préalable), pour en faire des pelotes qu’elle vend. Certaines d’entres elles sont teintes avec des colorants naturels, à savoir des plantes. Par exemple, elle a utilisé des pelures d’oignons pour obtenir un certain jaune ou des noix pour un marron. Les plantes peuvent être utilisées plusieurs fois, ce qui donnera des teintes différentes.

 

En outre, dans une autre vie Fernanda était couturière (oui elle est un véritable couteau suisse !). Elle garde certaines de ses pelotes pour son utilisation personnelle qu’elle tricote à ses heures perdues.

Le savon naturel

La fabrication du savon ! J’ai énormément apprécié apprendre à faire des savons naturels. En gros, il faut : du bicarbonate de sodium, de l’huile et/ou de la graisse, on peut y ajouter des essences et des colorants, si on veut que le savon soit beau et sente bon. Tout est une question d’équilibre de ces éléments, qu’il faut bien maîtriser si on ne veut pas obtenir de la lessive. En fonction des proportions de chacun, on obtiendra un savon plus ou moins bon pour la peau, dur, sec, etc.

 

 

Le bois : instruments et couverts

Jose quant à lui est plus accès sur le bois. Il est luthier et avant de rencontrer Fernanda fabriquait beaucoup plus qu’à l’heure actuelle. Je n’ai malheureusement pas pris de photo d’instruments bien que certains en cours de fabrication se trouvaient dans l’atelier.

Par contre, voici une photo de cuillères en bois qu’il a confectionnées :

Les animaux

Pour ce qui est des activités communes au ménage, l’entretien des animaux est la plus importante. Ils possèdent quelques poules dont ils utilisent les oeufs pour leur propre consommation, et certainement pour vendre quelques poulets.

En outre, ils possèdent des cochons dont le seul but est la fabrication de saucisses et saucissons. Ces animaux sont des gouffres car ils mangent énormément. Mes hôtes espéraient donc pouvoir en tirer un bon prix pour Noël en vendant également des parties entières. Une chose pratique avec ces animaux, c’est qu’ils servent littéralement de poubelle de frigo : ils ne font pas fi des plats avariés et engouffrent vraiment tout, jusqu’aux épluchures et coquilles d’oeuf.

 

 

 

 

La céramique

 

La céramique tient une place assez importante dans la région et ce depuis des siècles.

J’ai pu participé avec eux à un cours de céramique auquel ils vont une fois par semaine. Fernanda et Jose étaient en train de fabriquer plusieurs objets pour leur cuisine : essentiellement des assiettes et des tasses mais aussi une grosse marmite, un presse agrume et un égouttoir à pâtes !

 

 

J’ai également eu la chance qu’au cours du troisième cours, nous avons cuit toutes les céramiques.

J’ai donc pu repartir avec mon propre mate qui me suit maintenant partout.

 

Que dire de plus, à part que ce fut une expérience très riche, sans compter tout ce que j’y ai appris, sur le plan humain c’était incroyable. J’ai vraiment vécu et fait partie de la famille pendant cinq semaines, nous avons fait cuisiner, fait du vélo, du camping et j’en passe. Et surtout nous avons énormément parlé !

 

 

2 Commentaires

  1. Hola paulin no entiendo mucho tu blog por no entender francés . Pero me gusta tu idea de permitir a los demás que sepan.lo que aprendiste y disfrutaste de tu viaje.
    Muy lindas las fotos y los lugares por donde estuviste, especialmente firmat.
    Te dejo un saludo muy afectuoso y que sigas disfrutando del viaje siempre.

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