Construction naturelle à Yacumama

Premier volontariat de dix jours réalisé à Yacumama (à prononcer « chacoumama ») près de San Marcos Sierras, un petit village hippie situé dans la Sierra cordobes. Le but premier de ce volontariat était de pratiquer la construction naturelle. Il s’est avéré que cette activité s’est réalisée…les deux derniers jours de mon séjour. Pour autant, l’expérience fut intéressante par les personnes rencontrées et les autres activités réalisées. 

Présentation de Yacumana 

Yacumama c’est un terrain de 2 hectares à 3km de San Marcos Sierras, acheté en 2011 par deux amis d’un 40aine d’années. Ils ont aménagé les lieux de manière le plus durable possible et reçoivent des volontaires quasiment toute l’année pour poursuivre leurs constructions. Tous deux ingénieurs, ils organisent de temps en temps des ateliers de construction naturelle ou encore sur les énergies durables et renouvelables adaptées à l’habitat. Possibilité de visiter leur site internet.

Les différents espaces de Yacumama

Yacumama est divisé en plusieurs espaces distincts. 

La maison principale comporte deux pièces fermées au rez-de-chaussée: l’une faisant office de garde manger et l’autre de salle de bain – avec uniquement une douche.  A l’étage, se situe une autre petite pièce qui est une chambre où peut loger un volontaire mais peut également être réservée comme une chambre d’hôtel. Sinon le reste à moitié ouvert, est la cuisine, le lieu de vie et la bibliothèque. Dans des futurs projets de construction il est prévu de fermer cet espace pour en faire une vraie maison. 

L’ensemble de l’habitat est alimenté en eau par un réservoir, et les panneaux solaires situés sur le toit servent à la chauffer. A noter que cette maison n’est pas pourvu de chauffe-eau à gaz ou électrique pour parer en cas de périodes prolongées de mauvais temps. 

Par un habile système, les déchets organiques de l’évier sont filtrés et les eaux usées sont directement rejetées au pied d’un arbre.

Il y a également un puit que je n’ai cependant pas vu en activité au cours de mon séjour. 

Par contre, le four à bois a été très utile pour faire cuire les pizzas et les poêlée de légumes !

Un peu plus loin, se trouve un dôme construit lors d’un précédent atelier de construction naturelle. Il sert à héberger deux volontaires, et c’est là où j’ai logé pendant mon séjour. Pour ceux qui désire dormir dans ce dôme sans avoir à travailler comme volontaire, il est également possible d’y réserver quelques nuités.

Pour ce qu’il s’agit des commodités…évidemment Yacumama est équipé de toilettes sèches. A mon goût un peu trop loin et pas assez abritées en cas de pluie, mais sinon la structure est intéressante. 

Cette cabane est un atelier pour entreposer tous les outils.

Une autre petite maisonnette qui est en fait tellement petite qu’elle sert uniquement de chambre. 

Et pour finir, même le chien loge dans une niche « écolo » !

Les modes de recyclage de Yacumama

Il va s’en dire que ce terrain est pourvu d’un compost ! Un côté pour recevoir les détritus végétaux et un autre pour ceux venant des toilettes sèches. Le tout servira d’engrais pour de futures plantations.

  

Autre poubelle présente à Yacumama, celle des plastiques en tout genre. Jusque là rien de bien étonnant, à la différence que ces détritus ne seront pas jetés dans une poubelle jaune mais sinon serviront à remplir des bouteilles en plastique, qui elles serviront à construire les murs de futures maisons. 

Et enfin, la machine à laver-vélo super invention découverte à Yacumama ! Qui n’a jamais rêvé de faire du sport en lavant son linge ! Il suffit de pédaler 25 minutes puis faire deux tours de dix minutes pour rincer le linge et le tour est jouer. Pas de mode séchoir donc le linge qui sort est complètement trempé mais ça n’est pas très grave vu la chaleur sèche qu’il fait ici. J’ai eu l’occasion de tester cette machine à laver dont j’aime bien le principe mais que je ne trouve toutefois pas adaptée à tout mode de vie, notamment à une grande famille. 

Les différentes activités

Pendant mes dix jours de volontariat réalisés à Yacumama, je n’ai pas fait que de la bio-construction, non ! Car il y a d’autres choses à faire pour entretenir un tel terrain.

Activités diverses sur le terrain 

Une des premières activités réalisées fut de ratisser et enlever les plantes envahissantes. Outre la raison esthétique, il s’agit aussi de se débarrasser de ce qui peut prendre feu rapidement, car en cette saison les incendies prennent très vite avec la chaleur et surtout si le vent se lève. 

Ensuite, j’ai eu à pédaler la fameuse machine à laver vélo pour le linge de la communauté et également à remplir les bouteilles en plastiques avec les détritus en plastiques. Enfin, vivant uniquement entre volontaires et avec le propriétaire, il fallait aussi quelqu’un pour cuisiner et nettoyer l’espace commun. 

Construction traditionnelle 

Avant de goûter à la construction naturelle, j’ai eu l’occasion de tester la construction dite traditionnelle. Entendez la construction que tout le monde connait, avec béton, ciment etc. Je vous rassure, il n’était pas question de construire toute une maison en ciment mais uniquement le sol. 

Nous avons donc tout d’abord nivelé le sol à cimenter :

Puis mélanger : 2 sceaux de ciment + 2 d’eau + 6 de terre.

Pour ensuite répartir le ciment à l’aide d’une règle :

Pour donner une idée, tout cela nous a pris quatre matinée en étant cinq.

Construction naturelle

Comme précédemment mentionné, j’ai participé à deux jours de construction naturelle. 

Lors du premier, il s’agissait de couvrir la seconde couche des murs d’une petite bâtisse qui servira de remise. 

Pour ceux qui se rappellent mon premier atelier de « bio construction » réalisé à Buenos Aires, il s’agit évidemment d’à peu près de la même chose, avec quelques adaptations à l’habitat d’ici. 

Dans un gros bac de terre, nous avons ajouté de l’eau et de la paille, puis nous avons pataugé pour mélanger le tout. 

La maison que nous avons participé à construire avait déjà la structure en bambou rembourrée de paille. Nous avons réparti l’argile nouvellement fabriquée sur la structure de mur déjà existante afin de la consolider et de constituer la deuxième couche

Cette fois-ci nous étions quatre et cela nous a occupé une bonne après-midi. A noter que nous n’avons pas recouvert toute la surface mais environ les trois-quart. 

Lors de la deuxième demie journée, nous nous sommes attelés aux murs de la maison au sol en ciment. Ici il s’agissait de réaliser un crépi extérieur, soit de couvrir une nouvelle couche et d’aplanir toute la superficie.  Pour cela nous avons bien sur réalisé les mêmes mélanges. En plus, nous avons également utilisé du sable que nous avions au préalable tamisé. 

 

Pour conclure, ces dix jours ont été très enrichissants. Même si nous avons effectué moins de bio construction qu’espéré, il était toutefois intéressant de voir les autres choses à réaliser pour l’entretien de ce terrain. En outre, les 5 autres volontaires étaient très sympathiques, nous avons cuisiné et mangé tous les jours ensemble et j’ai même appris quelques bonnes recettes végétaliennes ! 

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